{"id":170,"date":"2022-09-27T20:24:37","date_gmt":"2022-09-27T18:24:37","guid":{"rendered":"http:\/\/pascalinecuvelier.org\/?page_id=170"},"modified":"2022-09-27T20:26:15","modified_gmt":"2022-09-27T18:26:15","slug":"les-defiles-bricolo-fantasques-dune-ecole-reference","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/pascalinecuvelier.org\/index.php\/les-defiles-bricolo-fantasques-dune-ecole-reference\/","title":{"rendered":"Les d\u00e9fil\u00e9s \u00abbricolo-fantasques\u00bb d&rsquo;une \u00e9cole-r\u00e9f\u00e9rence"},"content":{"rendered":"\n<p>par&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.liberation.fr\/auteur\/pascaline-cuvelier\/\">Pascaline CUVELIER<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>publi\u00e9 le 12 janvier 1995 \u00e0 0h21<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9fil\u00e9s \u00abbricolo-fantasques\u00bb d&rsquo;une \u00e9cole-r\u00e9f\u00e9rence<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des ann\u00e9es, s&rsquo;est \u00e9tablie une sorte de rayonnement autour du Studio Ber\u00e7ot. Il est rare qu&rsquo;une simple \u00e9cole de stylisme atteigne une telle aura, aussi bien en France qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Et cela, non seulement dans le milieu de la mode \u00ad pour lequel le Studio Ber\u00e7ot est une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la fois fantasque et oblig\u00e9e \u00ad mais aussi dans les disciplines parall\u00e8les \u00e0 consonances artistiques, pour lesquelles le petit mot \u00abBer\u00e7ot\u00bb est synonyme d&rsquo;un lieu d&rsquo;agitation et d&rsquo;\u00e9veil toujours renaissant. Ce qui a constitu\u00e9 la cl\u00e9 de vo\u00fbte de ce petit \u00e9difice lumineux, de cette luciole cr\u00e9ative de mode, ce sont les d\u00e9fil\u00e9s. Comme les professionnels, deux fois par an, les \u00e9l\u00e8ves pr\u00e9sentent leurs collections. Piano, piano, puis crescendo, \u00able\u00bb d\u00e9fil\u00e9 Ber\u00e7ot est devenu l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qu&rsquo;il ne fallait pas rater, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des dinosaures ou des araign\u00e9es de la plan\u00e8te mode. La renomm\u00e9e est n\u00e9e de cette folie d&rsquo;un jour o\u00f9 chacun, appartenant au milieu de la mode ou au milieu artistique, venait se r\u00e9galer de ce mini-\u00e9v\u00e9nement qui, s&rsquo;il \u00e9tait mondain et parisien, avait assez de gaiet\u00e9 et de fra\u00eecheur pour casser tous les codes un peu compass\u00e9s de la mode. On a beaucoup dit qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de bricolage, de provocation d\u00e9lirante et irr\u00e9aliste o\u00f9 toutes les audaces \u00e9taient exp\u00e9riment\u00e9es, bref d&rsquo;antimode impraticable dans le monde chiffr\u00e9 du pr\u00eat-\u00e0-porter. Mais les \u00abcr\u00e9ateurs\u00bb en titre et quelques malins savent bien qu&rsquo;il y a toujours une id\u00e9e \u00e0 capter dans un d\u00e9fil\u00e9 Ber\u00e7ot, surtout quand on a l&rsquo;oeil averti.<\/p>\n\n\n\n<p>Que s&rsquo;est-il pass\u00e9 pour que cette place particuli\u00e8re de t\u00eate chercheuse perdure? D&rsquo;abord, les professionnels pointus ont vite compris que c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 qu&rsquo;ils devaient recruter les plus jeunes de leur \u00e9quipe. Non seulement pour leur fantaisie ind\u00e9niable mais parce qu&rsquo;ils travaillaient d\u00e9j\u00e0 avec un \u00e9tat d&rsquo;esprit, une souplesse d&rsquo;approche du v\u00eatement, qui les associaient d&#8217;embl\u00e9e \u00e0 une m\u00eame famille. On ne compte plus les anciens \u00e9l\u00e8ves qui sont all\u00e9s rejoindre les troupes des Jean-Paul Gaultier, Claude Montana, Christian Lacroix ou Martin Margiela, et bien d&rsquo;autres, jusqu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9ferlante Kooka\u00ef. V\u00e9ronique Leroy, Martine Sitbon ou Marie Seznec Il y encore un autre facteur qui entretient ce ferment in\u00e9puisable, c&rsquo;est la mise en place d&rsquo;une sorte de service apr\u00e8s-vente, o\u00f9 chaque \u00e9l\u00e8ve dou\u00e9 est s\u00fbr de trouver sa place ici ou l\u00e0. A cette pratique g\u00e9n\u00e9reusement reconduite, s&rsquo;ajoute aussi une fluidit\u00e9 d&#8217;embauche, li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;esprit versatile de l&rsquo;\u00e9cole, car les \u00e9l\u00e8ves peuvent se r\u00e9pandre dans des activit\u00e9s et des trajectoires tr\u00e8s diversifi\u00e9es: chef de produit, service commercial, directrice d&rsquo;achat d&rsquo;un distributeur, chaussure et publicit\u00e9 (voir l&rsquo;exemple de Marthe Lagache, notre miss \u00abgratounette\u00bb nationale), textile, directeur artistique (comme Marc Ascoli pour Yohji Yamamoto et maintenant Jil Sander), mannequin, puis directrice des salons (comme Marie Seznec), r\u00e9dactrice en chef de mode (comme Elisabeth Djian pour feu Glamour), responsable des licences ou chef d&rsquo;atelier, costumier de th\u00e9\u00e2tre, cin\u00e9ma ou show biz, bijouti\u00e8re de haute couture (comme Monica Soszynska) ou encore styliste avec sa propre marque, comme V\u00e9ronique Leroy ou Capucine Pu\u00e9rari, et bien s\u00fbr la talentueuse Martine Sitbon. Enfin, l&rsquo;aura est aussi entretenue par des fanatiques, comme Azzedine Ala\u00efa. Il en est de m\u00eame pour Christian Lacroix. Quand il s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9 avec ses dessins chez Marie Rucki, la directrice de Ber\u00e7ot, elle lui a dit: \u00abVous n&rsquo;avez pas besoin d&rsquo;entrer dans l&rsquo;\u00e9cole, ce que je peux vous apprendre, vous le savez d\u00e9j\u00e0.\u00bb M\u00eame chose pour Christophe Lemaire, qui est devenu l&rsquo;assistant de Christian Lacroix avant de monter sa propre marque. Preuve que les surdou\u00e9s de la mode l&rsquo;\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 avant le Ber\u00e7ot.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par&nbsp;Pascaline CUVELIER publi\u00e9 le 12 janvier 1995 \u00e0 0h21 Les d\u00e9fil\u00e9s \u00abbricolo-fantasques\u00bb d&rsquo;une \u00e9cole-r\u00e9f\u00e9rence Au fil des ann\u00e9es, s&rsquo;est \u00e9tablie une sorte de rayonnement autour du Studio Ber\u00e7ot. 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