{"id":132,"date":"2022-09-27T19:51:51","date_gmt":"2022-09-27T17:51:51","guid":{"rendered":"http:\/\/pascalinecuvelier.org\/?page_id=132"},"modified":"2022-09-30T10:10:50","modified_gmt":"2022-09-30T08:10:50","slug":"antoine-cuvelier","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/pascalinecuvelier.org\/index.php\/antoine-cuvelier\/","title":{"rendered":"Antoine Cuvelier"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Pascaline Cuvelier <\/strong><em>Mars 1944-Mars 2021<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-medium is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/pascalinecuvelier.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pascaline-home-2020-225x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-389\" width=\"400\" srcset=\"https:\/\/pascalinecuvelier.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pascaline-home-2020-225x300.jpg 225w, https:\/\/pascalinecuvelier.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pascaline-home-2020-768x1024.jpg 768w, https:\/\/pascalinecuvelier.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pascaline-home-2020-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/pascalinecuvelier.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pascaline-home-2020-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/pascalinecuvelier.org\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/pascaline-home-2020-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"(max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><figcaption>Pascaline chez Antoine &#8211; 2020<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Pascaline est n\u00e9e dans une famille d\u2019artistes, un jour de guerre \u00e0 Paris. Ses deux parents ont fait avant elle, le choix de tourner le dos \u00e0 leur famille conformiste, et de vivre d\u2019amour et d\u2019eau fraiche au gr\u00e9 de leurs cr\u00e9ations. Pas facile de d\u00e9cider de faire les Beaux-Arts alors que l\u2019on vous destine \u00e0 la bourgeoisie ais\u00e9e des familles nombreuses du Nord, o\u00f9 pour exister, il faut se soumettre.<\/p>\n\n\n\n<p>Son p\u00e8re admirait sa beaut\u00e9 et comprenait son indiscipline \u00e0 son \u00e9gard, qui forgera plus tard son profond refus du patriarcat. Sa m\u00e8re, tr\u00e8s douce artiste, \u00e9tait en fait une cr\u00e9atrice tr\u00e8s d\u00e9cid\u00e9e qui lui a enseign\u00e9 sans le dire, l\u2019exigence de la qualit\u00e9 et le refus du compromis. Apr\u00e8s les ann\u00e9es de guerre o\u00f9 ses parents firent partie de l\u2019\u00e9toffe des h\u00e9ros, ils devinrent ensemble les h\u00e9ros de l\u2019\u00e9toffe, en cr\u00e9ant une petite usine de tissus d\u2019ameublement, les tissus Cuvelier, retissant la saga des artistes fran\u00e7ais du luxe. Les trente glorieuses permirent \u00e0 la famille de r\u00e9ussir, mais ses parents se concentr\u00e8rent sur leurs cr\u00e9ations, laissant Pascaline et les autres enfants, s\u2019\u00e9lever seuls, ce qui finalement est une bonne chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es de pension chez les s\u0153urs vous forment des convictions ind\u00e9l\u00e9biles. Pascaline en est sortie bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 ne pas ob\u00e9ir, \u00e0 cr\u00e9er son sillon seule et sans religion, et \u00e0 affronter son p\u00e8re comme un jeune cheval indomptable. Apr\u00e8s l\u2019adolescence, sa beaut\u00e9 et son charme explosif lui ont valu de splendides aventures masculines qui, jusqu\u2019\u00e0 la fin ont constitu\u00e9 avec cette c\u00e9libataire endurcie, une saga d\u2019amours souvent converties en solides amiti\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ne fit rien comme une sage jeune femme, tutoyant les meilleurs artistes d\u00e8s le d\u00e9but.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle postulat \u00e0 un concours de design organis\u00e9 par la revue ELLE qui voulait d\u00e9signer un jeune espoir du design et lui donner le lustre qui lui permettrait de percer, et elle gagna. Comme avant elle, les artistes de la Renaissance faisaient le chemin de Rome, elle partit en Am\u00e9rique o\u00f9 elle revint en nous parlant d\u2019inconnus, comme Andy Warhol, puis plus tard de Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses parents, ayant fait fi\u00e8rement les Beaux-Arts, ne pouvaient tol\u00e9rer une plante qui ne connaisse pas la voie des classiques&nbsp;; elle int\u00e9gra l\u2019Ecole Julian de Montparnasse, devenue Met de Penninghen. Apr\u00e8s 1968, elle comprit avec ses fr\u00e8res qu\u2019elle apprendrait mieux seule et suivi son id\u00e9al personnel. En chemin, elle d\u00e9couvrit le militantisme en cr\u00e9ant avec des femmes libres, l\u2019un des mouvements lutant pour le droit des femmes dans le combat pour l\u2019avortement. Chez elle, dans l\u2019atelier de ses parents de la rue Lebouis, les hommes n\u2019\u00e9taient plus les s\u00e9ducteurs glorieux et matchos, et les femmes devenaient celles qui allaient conqu\u00e9rir leur nouveau pouvoir au prix de luttes acharn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Pascaline, qui ne voulait rien devoir \u00e0 ses parents, trouva sa voie&nbsp;: le journalisme et l\u2019\u00e9criture sur l\u2019Art.<\/p>\n\n\n\n<p>Le journal Actuel lui donna sa chance et ses premiers reportages, puis vinrent de tr\u00e8s nombreuses collaborations avec Beaux-Arts, les journaux Cond\u00e9-Nast, Intramuros Design, Jardin des Modes, et enfin Lib\u00e9ration de 1987 \u00e0 1996. Lib\u00e9 a \u00e9t\u00e9 son Alma Mater et bien qu\u2019elle f\u00fbt tr\u00e8s ind\u00e9pendante, lui a permis de rencontrer des \u00e9quipes tr\u00e8s motivantes et des individualit\u00e9s exceptionnelles. Elle y devint l\u2019oracle des beaux-arts, sp\u00e9cialis\u00e9e en architecture, domaine n\u00e9glig\u00e9 souvent par les journalistes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9crire le style ou l\u2019\u0153uvre d\u2019une journaliste r\u00e9volt\u00e9e et exigeante est impossible. Elle a construit patiemment un corpus d\u2019id\u00e9es tentant \u00e0 partir de ses r\u00e9flexions sur la soci\u00e9t\u00e9 et la place du design, d\u2019expliquer les parcours individuels dans ce qu\u2019ils avaient de novateur. La cr\u00e9ation passionn\u00e9e et raisonn\u00e9e, la reconnaissance du design, les cr\u00e9ateurs utilisant des moyens pauvres ou ceux qui \u00e9taient en marge \u00e9taient ses terrains de d\u00e9couverte.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle tissait des liens avec les artistes qui allaient devenir les influenceurs de nos temps modernes, comme on disait sous la quatri\u00e8me r\u00e9publique. Ces amiti\u00e9s donn\u00e8rent lieu \u00e0 des \u00e9changes que nous avons retrouv\u00e9 dans ses carnets qui t\u00e9moignent d\u2019une richesse inconnue car elle posait les questions de fond sur l\u2019art, tentant de regrouper et d\u2019assembler les pi\u00e8ces impossibles du grand puzzle.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019une des explosions de Lib\u00e9, elle fit un d\u00e9tour dans les arts du spectacle en cr\u00e9ant des costumes, puis retourna \u00e0 l\u2019\u00e9criture avec Echo International, Intramuros, D\u00e9p\u00eache Mode, et fit quelques films sur l\u2019art avec les Films du Siamois.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que l\u2019on ne savait pas, c\u2019est qu\u2019elle n\u2019a jamais cess\u00e9 de remplir des carnets de dessins, de textes, de notes qui pourraient \u00eatre comme avec ceux de Da Vinci, une m\u00e9moire de ses r\u00e9flexions \u00e0 destination d\u2019elle-m\u00eame. Nous avons de splendides pages de tapuscrits, tap\u00e9s soigneusement sur sa machine \u00e0 \u00e9crire rouge Olivetti Valentine, elle-m\u00eame cr\u00e9\u00e9e par Ettore Sottsass, qui deviendra plus tard son ami et amant, qui voulait qu\u2019elle vienne vivre et cr\u00e9er avec lui en Italie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a de tout, m\u00e9lang\u00e9, entre le compte-rendu d\u2019une conversation de bistrot s\u00e9rieuse avec un artiste, une liste de courses \u00e0 faires, un plan de meuble \u00e0 r\u00e9aliser, des recettes de cuisine de sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a au milieu ses dessins, ses croquis, ses aquarelles, ses plans. C\u2019est totalement spontan\u00e9 et g\u00e9nial.&nbsp; Monde passionnant dans lequel nous ne sommes pas encore entr\u00e9s, mais c\u2019est un t\u00e9moignage de l\u2019art du XXe si\u00e8cle. Sa raison de vivre \u00e9tait d\u2019\u00eatre constamment en qu\u00eate de nouveaut\u00e9s qui la passionnaient.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019on l\u2019a connue, elle imprimait une intensit\u00e9 rare dans la r\u00e9flexion, ne tol\u00e9rant jamais la m\u00e9diocrit\u00e9 ambiante, s\u2019\u00e9levant toujours vers l\u2019impossible exigence de l\u2019artiste qui se pose les questions de fond sur ce qui est vrai et utile dans son art et trouve ses propres r\u00e9ponses, tr\u00e8s souvent incomprises. Elle \u00e9tait tellement exigeante intellectuellement, tant pour elle-m\u00eame que pour les autres, qu\u2019elle est devenue une sorte d\u2019oracle qui accrochait une intensit\u00e9 de relation sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais sa sant\u00e9 vacillante a eu raison de son \u00e9nergie indomptable. L\u2019\u00e9pid\u00e9mie du si\u00e8cle l\u2019a emport\u00e9e, mais le petit cheval s\u2019est battu courageusement jusqu\u2019au bout. Un jour de mars, il s\u2019est enfui vers l\u2019infini, l\u00e0 o\u00f9 nos h\u00e9ros de l\u2019art n\u2019arr\u00eatent pas de discuter autour d\u2019un caf\u00e9, en se chamaillant avec un regard d\u2019enfant. Retournez-vous vite&nbsp;! Vous risquez de la revoir.<\/p>\n\n\n\n<p>ACu \u00b0 22 Mars 2021<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pascaline Cuvelier Mars 1944-Mars 2021 Pascaline est n\u00e9e dans une famille d\u2019artistes, un jour de guerre \u00e0 Paris. Ses deux parents ont fait avant elle, le choix de tourner le dos \u00e0 leur famille conformiste, et de vivre d\u2019amour et d\u2019eau fraiche au gr\u00e9 de leurs cr\u00e9ations. 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